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Évaluations nationales en CE1 et CM2 : différence entre évaluations diagnostiques et évaluations bilans

Voilà ce qu’on peut trouver sur une page du Ministère de l’Éducation Nationale concernant les évaluations diagnostiques, celles qui se pratiquaient avant en début de CE2 et 6ème

http://evace26.education.gouv.fr/

L’évaluation des élèves de 6e, septembre 2008

Les évaluations diagnostiques sont, depuis 1989, des outils professionnels qui aident les enseignants à déterminer les acquis et les faiblesses des élèves.

Les résultats nationaux ne sont que des repères. Ils ne sont en aucun cas des normes et n’ont de sens qu’accompagnés de leurs commentaires pédagogiques. L’information apportée par l’évaluation nationale de ce2 et de 6e en français et en mathématiques ne constitue pas un bilan de cycle 2 ou de cycle 3 mais un diagnostic, au début d’un nouveau cycle scolaire, des réussites, des erreurs et des difficultés éventuelles de chaque élève par rapport à son avancée dans les apprentissages. Les épreuves élaborées ne couvrent pas exhaustivement les connaissances et les compétences acquises ou en cours d’acquisition. Elles n’évaluent que ce qui peut relever d’une passation collective, à travers des exercices courts et écrits.

Ce site permet de prendre connaissance des repères nationaux par champ, par compétence ou par item. L’analyse des résultats dans les différents champs permettra de repérer les points forts sur lesquels les équipes enseignantes pourront s’appuyer pour poursuivre les apprentissages de manière différenciée.

Pour compléter ou enrichir le diagnostic établi en début d’année, les enseignants peuvent recourir aux exercices de la banque d’outils d’évaluation en français et en mathématiques.

Les échantillons utilisés pour les calculs des repères nationaux sont, pour la 6ème comme pour le CE2, représentatifs des élèves scolarisés dans des établissements publics et privés sous contrats de France métropolitaine. L’échantillon de 6e est composé de 5 000 élèves, dont un petit nombre scolarisés en SEGPA. Seuls les élèves ayant répondu à toutes les questions sont pris en compte.

Les évaluations en fin de cycle CE1 (cycle2) et CM2 (cycle3) qui cette année ont cohabité avec celles de 6ème sont présentées dorénavant ainsi :

http://www.education.gouv.fr/cid277…

À l’école primaire, des évaluations en CE1 et en C.M.2 permettent de mesurer l’acquisition progressive du socle en français et en mathématiques, en référence aux programmes.

En troisième a lieu la dernière validation des acquis des élèves pour les sept compétences du socle commun. En 2011, le diplôme national du brevet attestera de la maîtrise du socle.

À la rentrée 2009, le livret de compétences est généralisé à tous les collèges. Il est utilisé dans les écoles primaires depuis 2008. Il permet de suivre l’acquisition par les élèves des compétences et connaissances du socle commun.

Au collège comme à l’école primaire, les élèves qui éprouvent des difficultés dans l’acquisition du socle commun se voient proposer une aide personnalisée. Si un élève éprouve des difficultés importantes en matière de connaissances, de compétences ou d’attitudes, l’établissement peut mettre en place un programme personnalisé de réussite éducative (P.P.R.E.) à tout moment de la scolarité.

Les évaluations nationales CE1 et CM2 constituent un bilan des compétences acquises, leur double fonction à la fois « diagnostique»  et « bilan»  pose un réel problème de définition.

En outre elles sont présentées aussi comme des outils de pilotage du système éducatif dans son ensemble et à tous les niveaux, de l’élève, à l’enseignant, à l’école et à la circonscription.

Pour finir elles posent un vrai problème de déontologie, en effet, avant c’était la DEPP qui était chargée d’établir le contenu des évaluations nationales.

DEPP, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance [D.E.P.P.]

Elle est chargée de la conception et de la gestion du système d’information statistique en matière d’enseignement. Elle a la responsabilité des répertoires et nomenclatures utilisés dans les systèmes d’information et de gestion des ministères. Elle conçoit et met en oeuvre, à la demande des autres directions du ministère de l’Éducation nationale, un programme d’évaluations, d’enquêtes et d’études sur tous les aspects du système éducatif. Pour les questions statistiques intéressant à la fois l’enseignement scolaire, l’enseignement supérieur et la recherche, elle apporte son concours à la direction générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle et à la direction générale pour la recherche et l’innovation et réciproquement. Elle assure, par sa fonction d’expertise et de conseil, la cohérence de la mesure de la performance aux niveaux national et territorial. Elle calcule les indicateurs de performance que les directions et les services déconcentrés mettent en oeuvre dans les programmes budgétaires. Elle est associée à la conception des systèmes d’information et de gestion nécessaires à ce calcul. À la demande des autres directions, elle conçoit et met à disposition les outils d’aide à l’évaluation, à la mesure de la performance, au pilotage et à la décision. Elle participe aux projets européens ou internationaux destinés à comparer les performances et les modes de fonctionnement des différents systèmes éducatifs. Elle élabore des prévisions et scénarios d’évolution du système éducatif. Elle assure la diffusion de l’ensemble de ses travaux.

Les évaluations CE1 et CM2 sont rédigées désormais par la DGESCO, qui de fait devient juge et parti de sa propre politique

D.G.E.S.C.O Direction générale de l’enseignement scolaire

Elle définit le cadre et assure l’animation des actions de formation continue organisées dans les établissements du second degré. Elle élabore la réglementation relative à l’organisation et au fonctionnement des écoles et des établissements du second degré. En liaison avec la direction générale des ressources humaines, elle définit la politique de recrutement des personnels et les orientations générales de la politique de formation continue des enseignants du premier et du second degré. Elle fixe les orientations de la formation initiale de ces enseignants, mise en oeuvre par la direction générale de l’enseignement supérieur. Elle conduit les actions en matière d’intégration des élèves et d’éducation spécialisée. Elle coordonne la politique de formation, de professionnalisation et d’insertion pour ce qui relève de l’enseignement scolaire. Elle définit la politique relative à l’éducation prioritaire. Elle en anime et évalue la mise en oeuvre. Elle attribue les aides auxquelles peuvent prétendre les associations éducatives qui prolongent l’action de l’enseignement public. Elle définit la politique en matière de vie scolaire, de prévention et d’action sanitaire et sociale en faveur des élèves. Elle est chargée des questions pédagogiques relatives aux établissements d’enseignement scolaire privés. Elle assure la tutelle pédagogique des établissements scolaires français à l’étranger.

Elle est chargée des programmes budgétaires relatifs à l’enseignement scolaire public du premier degré, à l’enseignement scolaire public du second degré et à la vie de l’élève arrêtés dans les lois de finances et relevant du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle fixe aux autorités académiques leurs objectifs dans le champ de ces missions et évalue leurs résultats. Elle alloue aux autorités académiques les moyens en crédits et en emplois destinés aux écoles et aux établissements publics du second degré.

Ce sont ceux qui élaborent les programmes scolaires et mettent en oeuvre la politique éducative, qui évaluent. Cela est contraire à toute démarche scientifique, comme le soulignent d’anciens membres de la DEPP,

Nous sommes dans une situation tout à fait anormale, contraire au partage des tâches entre Depp et Dgesco : la Depp fait les évaluations et la Dgesco conçoit les outils de remédiation nécessaires aux enseignants. En effet, la mission de la Dgesco n’est pas de faire le bilan du niveau des élèves, mais de remédier à leurs difficultés.

Ce qui m’inquiète, c’est que je ne comprends pas très bien à quoi vont servir ces évaluations. Les finalités ne sont pas claires du tout, la Dgesco confondant évaluation bilan – faire le point sur ce que savent les élèves au niveau national et piloter le système – et évaluation diagnostique – repérer les difficultés des élèves pour ensuite permettre aux enseignants de mettre en place une remédiation dans la classe.

Se pose le problème de la correction, binaire, de ces évaluations. Il n’y a en effet aucune nuance dans la correction, c’est juste ou c’est faux. Cela n’aidera pas les enseignants à caractériser les difficultés des élèves ! Ils sauront que X% de leurs élèves rencontrent des difficultés, mais ne sauront pas lesquelles, sauf à reprendre chaque évaluation point par point, ce qu’ils n’auront pas le temps de faire. Ce mode de correction correspond à de l’évaluation bilan

Qui dit bilan dit évaluation en fin d’année. Cela n’a aucun sens, pour dresser un bilan, de tester en janvier des choses qui n’ont pas encore été abordées en classe ! Autre incohérence : une évaluation bilan, destinée à connaître la proportion d’élèves à tel ou tel niveau au plan national, ne se fait pas sur la totalité des élèves mais sur échantillon représentatif, ce qui est beaucoup moins coûteux.

Enfin, se pose le problème de la comparabilité dans le temps. La statistique appliquée à la mesure en éducation ne s’improvise pas. Changer toutes les questions d’une année sur l’autre par exemple n’est pas possible d’un point de vue scientifique si l’on veut faire des comparaisons. Il existe des techniques pour attester de la comparabilité des items, mais cette compétence-là est du côté de la Depp.

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